19-10-2016
LES DEUILS II
- Et puis la résonance ?
- Douleur au bras ?
- J'aimerais revenir sur notre sujet d'hier, les deuils, et comment tu vis cela?
- D'abord j'aimerais savoir s'il y a d'autres deuils que tu vis et que tu n'as pas mentionné hier. Il me semblait que tu portais beaucoup de choses non?
Tu veux savoir pourquoi je n'ai pas mentionné le deuil de ma mère j'imagine ? C'est parce que je parlais de deuils causés par ARNOLD. Le décès de ma mère n'est pas lié à ARNOLD. C'est simple non ?- Pas si vite p'tit fuyant. La mort de ta mère en effet n'est pas liée à ARNOLD. Mais ARNOLD a nuit pas mal à ta façon d'avoir vécu sa mort, non?
- C'est un deuil de plus que tu vis non? Le deuil du deuil de ta mère ?
- Hier tu as mentionné que l'émotion la plus forte est la tristesse, j'aimerais que tu m'en parles un peu plus.
C'est l'émotion qui me suit tous les jours. Je ne m'en défait jamais. Elle est omniprésente. Elle surgit chaque fois que je vois un des enfants et des petits enfants. Elle est là quand je pense à Nycole et l'avenir. À chaque fois que je suis épuisé et chaque fois que je dois dire non à quelque chose que j'aime faire par ce que je suis trop fatigué ou souffrant. Aujourd'hui j'ai dû mettre Matthieu dehors parce que j'étais trop fatigué. À chaque fois que je subis un examen ou ma chimio. À chaque fois que je suis avec mes ami-es et que le sujet de l'avenir est abordé. Quand je vois ma soeur et mon beau frère. La tristesse est full présente à chaque fois que je pense à notre intimité de couple ou le fait que l'on doive penser à se préparer pour le pire. Chaque jour porte en lui la profonde tristesse qui m'habite. C'est un sentiment qui est profondément sombre et, sauf en certaines occasions, assez discret. Un sentiment noir, gros, laid et envahissant.- Pas facile de vivre avec cela ? Comment fais-tu ?
Il est là, je ne le suscite pas, je ne le cherche pas, il est simplement là. Je l'accueille quand il se manifeste, mais je tente de ne pas lui laisser trop de pouvoir. C'est un sentiment qui m'est familier de toute façon. Je n'ai pas de mérite, je ne me bats pas avec. Je l'accueille du mieux que je peux et contrôle ses manifestations du mieux que je peux. Pas très efficacement je l'avoue, une vraie Madeleine (désolé pour les Madeleines) mais bon that's life.- Un sentiment familier ?
- Tu faisais le deuil de ton bonheur ?
- Mais pas la tristesse ?
- Hier tu disais ne pas vivre de colère ni de déni, en parlant des étapes du deuil. Comment expliques tu cela ?
Et pour ce qui est de la colère, je crois vraiment que c'est mon expérience aux soins palliatifs. Toutes les expressions de colère je les ai entendu et répondu dans bien des cas. Les pourquoi moi, qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour mériter cela, je suis une bonne personne crisse alors que les crosseurs eux n'ont rien, si Dieu me guérit je ferais n'importe quoi, je viens de prendre ma retraite tabarnak, etc..... Mon travail était d'aidé les patients à cheminer là dedans. Alors tu imagines que je suis mal placé pour porter les mêmes questions, j'ai déjà les réponses. De toute façon, elles ne me sont jamais venues à l'idée. Oui je pense que mon expérience avec les mourants m'a bien préparé.- Hier tu disais vaciller entre le marchandage et l'étape dépressive. J'aimerais que tu me partages comment cela se vit chez toi ? Est-ce que le marchandage vient de la colère ou de la tristesse ? Est-ce que tu marchandes avec Dieu ?
MERCI LA VIE.


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