ENTRÉE CCXXIX
21-10-2016
LES DEUILS III
Je reviens sur la discussion du deuil de maman. Tu me disais, comme hypothèse, que ARNOLD m'avait volé mon deuil. En réflexion et en discussion avec des amis j'apporterais une certaine nuance. Quoi que je pense que ARNOLD a nuit beaucoup à la façon que j'ai vécu les funérailles de maman, je ne suis pas certain qu'il nuit vraiment à mon deuil. Je le vis mon deuil de façon particulière. J'ai pleuré l'annonce du décès de maman par ma soeur et j'ai pleuré abondamment quand je suis arrivé au salon. Le deuil est enclenché. Mais je ne pleurais pas le décès de maman. J'étais heureux pour elle que sa souffrance n'y était plus.
Je pleurais la tristesse qui m'habitait de ne pas avoir été là avec elle. De ne pas l'avoir accompagné. J'ai passé vingt ans à accompagner des étrangers et voilà que je suis absent pour ma mère. Voilà ce qu'ARNOLD m'a enlevé. La possibilité d'être là pour maman. Je sais que ma soeur et mon beau frère ont été à ses côtés et je suis certain qu'ils ont bien fait cela, mais moi je n'y étais pas. Voilà ma profonde tristesse.
- Je vois que tu y as pensé pas mal ?
Avec mes amis j'ai fais du chemin dans ce labyrinthe. Bon j'ai laissé en blanc une question que tu m'avais posé.
- Je la reprendrai donc maintenant: L'autre jour tu disais vaciller entre le marchandage et l'étape dépressive. J'aimerais que tu me partages comment cela se vit chez toi ? Est-ce que le marchandage vient de la colère ou de la tristesse ? Est-ce que tu marchandes avec Dieu?
SI je marchande ce n'est pas par colère, je n'en ressens pas. Ce serait nettement par tristesse. Car comme je le disais je vis beaucoup de tristesse. Et je ne marchande pas du tout avec Dieu. Je lui laisse "sa job" qui est de m'aimer et de me supporter, me soutenir et m'aider à rester fort et solide. Pour ce qui est du marchandage, je verrais que c'est plutôt avec ARNOLD et avec moi même. Si ARNOLD choisissais de me quitter je prendrai mieux soin de moi. Si je suis capable de faire un peu plus d'exercice je saurai être fier de moi même. Ce genre de "marchandage" si on peut appeler cela comme ça.
- Et l'étape dépressive ?
Je pense que j'en ai amplement consigné d'exemples dans ce blog. Je passe du sourire aux larmes constamment. Je suis affecté beaucoup par la tristesse qui m'habite, par ma perte d'autonomie, par les effets sur ma famille particulièrement Nycole qui elle aussi est envahi par la tristesse mais le cache mieux que moi, par un collègue de travail qui m'a complètement abandonné, etc.... . Donc je me trouve par moment presque paralysée par cette tristesse. Je remarque que je pleure facilement devant des scènes tristes à la télé, devant des scènes de héroïsme, devant des scènes de reconnaissance, devant des scènes père fils, quand je parle de ma maladie ou les deux voyages dans lesquels j'ai vécu la maladie ou la peur, etc... Oui je pleure souvent... Je vois cela comme l'étape dépressive. Je m'en remets assez rapidement et je ne me considère pas déprimé. C'est une nuance importante.
- Et aujourd'hui comment vas-tu ?
MERCI LA VIE !
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